Les saveurs de vapotage, c'est fini
L'interdiction entre en vigueur à l'automne 2028
Le gouvernement fédéral est parvenu à un accord sur l'interdiction des saveurs de vapotage. À partir du 1er septembre 2028, seules les vapes non aromatisées (goût neutre) et les vapes aromatisées au tabac pourront être vendues. Par cette mesure, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), souhaite protéger les jeunes en particulier.
On ne peut se défaire de l'impression que ce dossier est passé grâce à un bras de fer politique classique. L'interdiction a été longuement débattue. Le MR l'a longtemps freinée, mais le parti a probablement cédé parce qu'il a obtenu le feu vert pour les mesures de soutien en réponse aux coûts élevés de l'énergie et des carburants.
"Il s'agit d'une politique symbolique"
Revenons à l'interdiction. La ministre Vandenbroucke veut évidemment protéger les jeunes. Il s'agit là d'un objectif noble et d'un choix politique légitime. La seule question qui se pose est de savoir si l'interdiction sera également appliquée aux dizaines de boutiques en ligne, aux nombreux magasins de nuit et à d'autres canaux de vente obscurs. En se concentrant sur l'industrie du tabac et du vapotage comme le grand croquemitaine, ses nombreuses mesures anti-tabac ont permis l'émergence d'un vaste circuit illégal.
"Il ne s'agit pas d'une politique de santé, mais d'une politique symbolique", affirme Philip Morris Benelux. "Tous les produits antitabac légaux sont mis sur la touche, tandis que les cigarettes et le tabac à rouler restent les seuls produits à base de nicotine pour les plus de 2 millions de fumeurs adultes en Belgique. Tout le monde veut une génération sans tabac, mais il y a un manque de courage évident pour avoir une vraie conversation. Ceux qui s'intéressent vraiment à la santé publique doivent aller au-delà des slogans et oser réunir tout le monde autour de la table."
"La protection des jeunes n'est pas en question pour nous. Le PMI soutient une réglementation stricte et applicable pour protéger les mineurs et les non-fumeurs, ainsi que la répression des ventes illégales. Mais une interdiction quasi totale des produits sans fumée légaux ne protège pas les jeunes. Elle affecte principalement les utilisateurs adultes et les anciens fumeurs, et ne touche pas au véritable problème."
"De nombreuses études et rapports ont montré au cours de l'année écoulée en Belgique que les mineurs se procurent aujourd'hui leurs vapes sur le marché illégal, et les décideurs politiques le savent. Ce n'est pas le résultat d'un manque de règles, mais d'une prévention et d'une application insuffisantes. Des interdictions supplémentaires sur les produits légaux n'y changent rien. Au contraire, elles renforcent un marché noir sans contrôle de l'âge, sans normes de qualité et sans supervision
La ministre Vandenbroucke a souligné que notre pays contrôlera également de manière stricte la vente de produits aromatisés dans les boutiques en ligne.
"Une histoire simple et émotionnelle"
Chez Perstablo aussi, on est manifestement mécontent de la nouvelle mesure. "Chaque jour, des informations délibérément erronées sont communiquées pour faire passer ce projet de loi", réagit Erik Van Olmen. "On construit un récit simpliste et émotionnel dans lequel les goûts sont automatiquement liés à la consommation des jeunes, tout en ignorant délibérément l'impact sur des centaines de milliers d'adultes ex-fumeurs."
La mesure n'entrera pas en vigueur avant l'automne 2028, car elle doit d'abord être notifiée à l'Europe, dans le cadre d'une procédure dite TRIS. Cette procédure a pour but de prévenir les entraves au commerce intérieur. Il est difficile d'estimer exactement la durée de cette procédure. La deuxième raison est que le gouvernement veut donner aux magasins le temps de vendre leurs stocks.