Le vol à l'étalage, une ligne solide sur votre compte
Prenez les choses en main pour préserver votre marge
Le vol dans le circuit des journaux est rarement spectaculaire, mais il est structurel: cartes à gratter, piles, fournitures scolaires et alcools disparaissent régulièrement sans être détectés. Pour les petits indépendants, cela signifie un impact direct sur leur marge bénéficiaire, qui est souvent déjà sous pression. Une sécurité réfléchie est donc essentielle. Elle doit dissuader et détecter, tout en restant réalisable et rentable. Les systèmes les plus couramment utilisés sont les autocollants antivol et les étiquettes rigides. La surveillance par caméra constitue un moyen de dissuasion supplémentaire et fournit des preuves en cas de signalement.
Partie émergée de l'iceberg
La police fédérale a de nouveau enregistré plus de 20.000 déclarations de vol en 2024 - l'année la plus récente pour laquelle des chiffres complets sont disponibles. Toutefois, ce chiffre ne reflète qu'une partie de la réalité, car seuls 11 % des commerçants déclarent effectivement les vols. En moyenne, les vols représentent 1 % des ventes au détail. Dans un secteur où les marges sont faibles, ce phénomène est donc pernicieux pour la rentabilité.
Une étude antérieure, Retail Security in Europe, réalisée avec le soutien de Checkpoint Systems, fournisseur de solutions antivol telles que la sécurité RF et RFID pour les magasins, est la seule étude à grande échelle à quantifier l'impact financier pour la Belgique. Selon cette estimation, les dommages en 2019 s'élèvent à 966 millions d'euros en marchandises volées, auxquels s'ajoutent 392 millions d'euros en coûts de sécurité, y compris la surveillance, les caméras et d'autres mesures de prévention. L'ensemble représente un coût total de 1,358 milliard d'euros, soit 119 euros par Belge et par an. Rien n'indique que les dégâts aient diminué entre-temps, bien au contraire.
L'occasion fait le larron
Chiel Sterckx, expert en commerce de détail chez UNIZO: "Il est difficile d'esquisser un profil clair du voleur à l'étalage. Une part importante des pertes dues aux vols est causée par ce que nous appelons généralement les 'voleurs occasionnels'. Bien que certains d'entre eux trouvent que les occasions de voler quelque chose se présentent très régulièrement..."
"Plusieurs facteurs rendent les produits attrayants. Il s'agit notamment de la valeur d'un article (plus le prix est élevé, plus il est intéressant), de l'opportunité (plus le vol est facile, plus le risque est grand) et de la possibilité de revendre les biens volés. La rentabilité d'un investissement dans la protection contre le vol doit donc être évaluée à chaque fois, magasin par magasin. Certains locaux sont plus exposés au vol que d'autres. Il n'y a donc pas de réponse universelle.
Solutions standard
Étiquettes
Une stratégie efficace pour décourager les voleurs potentiels consiste à sécuriser au moins trois ou quatre groupes de produits sensibles. Les étiquettes de sécurité fines et autocollantes avec puce RF ou AM intégrée constituent une solution standard peu coûteuse. Elles conviennent notamment aux magazines, aux livres, aux sachets de confiserie et aux petits articles d'impulsion.
Les autocollants d'une couleur fluorescente qui attire l'attention, avec l'avertissement "protégé", par exemple, ont un effet dissuasif supplémentaire. Les étiquettes sont rapidement et facilement désactivées à la caisse après la vente. En outre, certaines étiquettes sont conçues de manière à ce que les voleurs expérimentés ne puissent pas les retirer, ce qui les protège davantage contre les manipulations.
Étiquettes rigides
Les étiquettes rigides réutilisables à fermeture magnétique ou mécanique sont un deuxième moyen courant de sécurisation. Elles sont attachées au produit et retirées à la caisse à l'aide d'un détacheur spécial, ce qui nécessite une manipulation supplémentaire à la caisse.
Les étiquettes en plastique dur sont particulièrement intéressantes pour les articles marginaux plus coûteux tels que les cadeaux et les produits électroniques, par exemple les blocs d'alimentation et les écouteurs. Il existe plusieurs variantes, notamment des étiquettes pour les textiles ou des protège-bouteilles pour les boissons. Les emballages plus volumineux, tels que les boîtes contenant des téléphones et des accessoires informatiques, sont sécurisés à l'aide d'enveloppes ou d'araignées. Les étiquettes sont très visibles et constituent donc un signal fort pour les voleurs.
Des portiques de détection adaptés
Les autocollants et les étiquettes antivol nécessitent des portiques de détection. Les portillons se présentent sous différentes formes; des panneaux sont fixés au mur pour les entrées étroites, et des solutions personnalisées sont également disponibles pour les entrées plus larges ou les portes coulissantes. Les systèmes de Checkpoint Systems permettent également, à l'aide d'un logiciel spécial, de contrôler le nombre d'alarmes, ce qui donne aux magasins une meilleure idée des périodes d'affluence ou des périodes à haut risque.
Boîtes de sécurité
Les boîtes réutilisables en plastique transparent avec sécurité intégrée conviennent aux petits produits coûteux tels que les appareils électroniques, les piles et autres références à forte valeur unitaire. Le produit est entièrement enfermé mais reste visible pour le client. Ces coffres-forts retardent considérablement les tentatives de vol.
Caméras de surveillance supplémentaires
Les caméras placées à l'entrée, combinées à un moniteur de confrontation, ont un effet dissuasif évident. En outre, des caméras peuvent être placées à la caisse, dans la zone du magasin et à l'entrée du stock. Pendant les périodes d'affluence, les caméras permettent d'avoir une vue d'ensemble. Veillez à ce que l'éclairage soit suffisant et évitez les angles morts. Les images peuvent être visionnées sur place ou à distance via un PC, une tablette ou un smartphone et servent également de preuve en cas de rapport de police.
Le gouvernement est-il en tort?
Quoi qu'il en soit, il est clair que le sentiment d'impunité encourage le vol. Les bandes et les voleurs individuels agissent souvent de manière opportuniste, en supposant qu'il y a peu de chances qu'ils soient poursuivis. Jusqu'à aujourd'hui, les politiques cohérentes et efficaces de lutte contre le vol à l'étalage n'ont pas réussi à se concrétiser.
Politique de léchage
Toutefois, au début de l'année 2022, la politique dite "du coup de langue" a été introduite. En vertu de cette politique, la police peut imposer un règlement à l'amiable immédiat ou une amende pouvant aller jusqu'à 350 euros, à condition que le contrevenant soit pris en flagrant délit, reconnaisse les faits et accepte de payer. Malheureusement, ces projets bien intentionnés se heurtent invariablement au manque d'effectifs de la police et de la justice et à la fixation d'autres priorités. Dans la pratique, l'impact de la politique du "tit-for-tat" s'avère donc très limité. De plus, le montant collecté est entièrement reversé au gouvernement.
Nouveau plan pour les PME
Une nouvelle proposition du cabinet d'Eléonore Simonet (MR), ministre fédérale des indépendants et des PME, prévoit qu'une partie de l'amende soit reversée au commerçant concerné. L'objectif est d'encourager la déclaration. Le plan PME prévoit également, entre autres, une modification de la loi permettant aux commerçants de demander à leurs clients de présenter leur sac à la sortie du magasin. Aujourd'hui, en principe, seuls les agents de sécurité agréés sont autorisés à le faire.
Il arrive que les commerçants prennent les choses en main, ce qui soulève des questions juridiques. La date d'entrée en vigueur de ces nouvelles mesures n'est pas encore connue. Le gouvernement vise toutefois une introduction dans le courant de l'année 2026.
Initiative de l'UNIZO
L'impossibilité de prendre des mesures juridiques concrètes contre le vol à l'étalage est pénible. C'est pourquoi UNIZO forme les commerçants et leurs employés à reconnaître plus rapidement le vol à l'étalage et à le prévenir autant que possible. Dans le centre de formation pour le commerce de détail, PMO Retail, les participants apprennent à repérer à temps les situations suspectes et à réagir correctement lorsqu'un voleur à l'étalage est attrapé. Les détaillants intéressés peuvent s'inscrire sur le site chiel.sterckx@unizo.be.
SODA veut faire bouger les choses
En l'absence de mesures politiques décisives contre le vol à l'étalage - et de solutions à des problèmes tels que l'impunité et la capacité limitée de la police - UNIZO voit une solution pratique dans le projet avec SODA. L'entreprise privée néerlandaise Service Organisation Direct Liability (SODA) est spécialisée dans le recouvrement efficace des dommages et intérêts pour vol à l'étalage. Depuis le 1er janvier 2026, la Belgique a mis en place le projet "Règlement avec les voleurs à l'étalage", qui permet aux commerçants de réclamer un dédommagement à l'auteur du vol.
Le voleur paie
SODA fonctionne sur la base d'un accord de règlement, en vertu duquel les voleurs attrapés paient sur place une indemnité forfaitaire de 181 euros, un montant uniforme correspondant au coût moyen que représente un vol pour le commerçant, sur la base d'un calcul officiel des coûts.
L'accord est complété numériquement via bijwinkeldiefstal.be et signé par les deux parties. La personne concernée s'identifie à l'aide d'une carte d'identité ou d'un autre document valide. La procédure s'appuie sur un accord de règlement juridique élaboré par des avocats belges. La condition est que le voleur signe l'accord sans contrainte.
Il s'agit d'une procédure civile et non pénale, basée sur les articles 2044 et suivants du Code civil belge. Si la personne concernée refuse de coopérer, le commerçant peut toujours avertir la police.
Un traitement rapide
Le vol est traité assez rapidement. Après l'enregistrement, SODA prend entièrement en charge la suite du processus: encaissement du règlement à l'amiable par une agence de recouvrement et transmission et facturation au commerçant des sommes encaissées. L'entrepreneur reçoit une indemnité de 131 euros. Le règlement à l'amiable et une signalisation claire dans le magasin ont un effet préventif. Les chiffres des Pays-Bas, où le système est mis en œuvre depuis un certain temps, montrent que 30 % des personnes concernées déclarent qu'elles ne commettront plus de vol.
Pas de remède, pas de paiement
SODA fonctionne selon le principe "no cure, no pay". Il n'y a ni frais ni contribution pour le commerçant, même si le règlement à l'amiable ne peut être perçu pour une raison ou une autre. Dans ce cas, il n'y a évidemment pas de transmission de l'indemnité de 131 euros.
Si la personne n'a pas payé dans le délai imparti, le dossier est transféré à un huissier qui entame la procédure de recouvrement. Cette procédure peut déboucher sur des poursuites judiciaires. Actuellement, plus de 500 détaillants belges utilisent déjà la plateforme, principalement des chaînes de magasins et des supermarchés, mais aussi des petits détaillants, des magasins de proximité et des grands magasins plus modestes.
Compte tenu de l'intérêt croissant pour ce service, quelque 2.000 entrepreneurs devraient y participer d'ici à la fin de 2026. Les détaillants de journaux et les exploitants de stations-service n'ont pas encore été spécifiquement approchés.
En collaboration avec Comeos, Unizo, SODA, Checkpoint Systems et Acurity