Les chiffres de contrôle des ventes d'alcool aux mineurs dans les supermarchés et la restauration sont particulièrement mauvais
La Fédération envisage d'installer des caméras intelligentes aux caisses, comme c'est déjà le cas chez de nombreux marchands de journaux
Il est totalement interdit de vendre de l'alcool aux jeunes de moins de 16 ans. Les personnes âgées de 16 ou 17 ans sont autorisées à acheter ou à commander du vin ou de la bière, mais pas de spiritueux. Pour cela, il faut avoir au moins 18 ans. Mais dans la pratique, les choses tournent encore souvent mal. Les chiffres montrent que huit contrôles sur dix concernant la vente d'alcool à des mineurs révèlent une infraction aux règles d'âge. Au cours des trois dernières années, plus de 2 000 contrôles ont été effectués.
"Trop peu d'efforts
"Le principal problème est que les vendeurs ne font pas assez d'efforts pour demander aux jeunes de prouver leur âge", a déclaré le ministre de la santé, Frank Vandenbroucke (Forward). Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration remporte la palme : dans plus de 80 % des contrôles effectués en 2025 avec des clients mystères, de l'alcool a été vendu sans problème à des mineurs. Mais dans les supermarchés, la situation n'est guère meilleure, avec un taux d'infraction de 75 %. Les magasins de nuit et les stations-service obtiennent également de mauvais résultats.
Actuellement, les inspecteurs ne verbalisent que lorsque l'établissement contrôlé a déjà eu des problèmes lors d'un précédent contrôle. "Mais si les contrôles ne donnent pas rapidement de meilleurs résultats, nous serons contraints de dresser systématiquement un procès-verbal pour chaque infraction et d'infliger des amendes", a déclaré Paul Van Den Meerssche du SPF Santé publique. Les amendes peuvent s'élever à 1 000 euros par infraction.
"La pression des jeunes"
"Nous sommes conscients du problème", déclare Luc Ardies, directeur de Buurtsuper.be. Il souligne "la pression toujours plus forte exercée par les jeunes sur les caissiers pour qu'ils les laissent quand même partir avec de l'alcool, pression qui s'accompagne de plus en plus souvent d'agressions verbales. Le fait que les mineurs n'aient plus le droit d'acheter de l'alcool a conféré à ce dernier le statut de fruit défendu."
Dans le même temps, M. Ardies souligne que l'industrie ne reste pas inactive. "Outre les contrôles de l'âge pour l'achat d'alcool, nous avons également des contrôles similaires pour le tabac et les produits de loterie. C'est pourquoi des efforts sont actuellement déployés pour installer aux caisses des systèmes de caméras intelligentes capables de reconnaître les acheteurs trop jeunes. De cette manière, nous voulons réduire psychologiquement la confrontation directe entre les employés des magasins et les jeunes qui veulent contourner la loi."
"Cela rend également un peu plus 'sûr' le fait que le personnel de caisse demande la carte d'identité d'une personne, car c'est alors la caméra qui tire la sonnette d'alarme et demande un contrôle de l'âge. D'ailleurs, nous sommes également en discussion au sujet de ces systèmes de caméras avec la Loterie Nationale, qui vérifie également par le biais de clients mystères qu'aucun produit de loterie n'est vendu à des mineurs dans les supermarchés, par exemple, mais aussi dans les magasins de journaux quotidiens."
Caméras intelligentes à intelligence artificielle
En France, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, de telles caméras sont déjà utilisées aux caisses des stations-service et des supermarchés. Ces systèmes, qui utilisent l'intelligence artificielle pour estimer l'âge d'une personne, ont fait sensation. Cela s'explique en partie par le fait que les organismes de protection de la vie privée en France et aux Pays-Bas ne sont pas de grands adeptes de ce type de logiciel d'imagerie. Cela est dû en partie au fait que les opérateurs tentent de se soustraire à leur propre responsabilité par le biais du système de caméras.
"La loi nous oblige désormais à demander la carte d'identité en cas de doute. Si cela est autorisé, pourquoi une caméra 'intelligente' ne le serait-elle pas en vertu des lois sur la protection de la vie privée", a déclaré Nog Ardies.
Plusieurs dizaines de magasins de quotidiens dans notre pays ont également installé un tel système de caméras, appelé PASSage, depuis la mi-2025. "Il fonctionne parfaitement. Les infractions commises dans les magasins de journaux pour vente d'alcool ou de tabac à des mineurs sont également nettement moins nombreuses", explique Yannick Gyssens, de la fédération sectorielle Perstablo. Ce qui se reflète également dans les chiffres du SPF Santé publique.