Elfriede Berger appelle au débat sur les produits à risque réduit
Elfriede Berger (43 ans) est Scientific Engagement Manager depuis deux ans chez Philip Morris Benelux. À ce titre, la Gantoise est chargée d'ouvrir le débat avec les scientifiques, les médecins et, espérons-le, les décideurs politiques sur le fait que les alternatives sans combustion telles que les produits du tabac chauffés sont effectivement meilleures que la cigarette classique. Un long chemin, "mais la Belgique ne peut pas être laissée de côté", dit-elle.
Contexte
Nous avons discuté avec Elfriede, qui a obtenu son diplôme d'ingénieur chimiste en 2009, du fait que PMI ne commercialise toujours pas son produit de tabac chauffé IQOS dans notre pays. La Belgique est même l'un des tout derniers pays européens où IQOS n'est pas encore disponible.
Elfriede dispose d'une solide expérience dans l'industrie pharmaceutique et est maintenant responsable chez PM Benelux du 'développement de plans scientifiques stratégiques pour les produits à risque réduit'. Expliquer les bénéfices sociétals des produits à risque réduit au monde scientifique et politique et le grand public, pour ainsi dire. Et cela inclut non seulement les produits du tabac chauffés comme IQOS, mais aussi les e-cigarettes ordinaires.
Dialogue ouvert
"Il n'y a plus aucune raison scientifique de ne pas informer activement les fumeurs belges sur de meilleures alternatives comme IQOS", déclare Elfriede. "Vous savez, les fondements scientifiques des produits du tabac chauffés sont déjà très avancés. J'ai été particulièrement impressionnée lorsque PMI m'a contactée pour me proposer le poste. J'étais moi-même sceptique au début. Je pensais qu'ils avaient fait une erreur. Un fabricant de tabac qui veut m'employer, c'est sûrement impossible? Mais après quelques recherches, j'ai découvert qu'ils sont sérieux lorsqu'il s'agit de passer de la cigarette aux produits du tabac chauffés, ou e-cigarettes. Non seulement en termes de développement de produits, mais aussi en termes de recherche clinique, PMI est déjà très avancée. En ce qui concerne le développement de produits, la recherche et les données cliniques, l'entreprise suit les normes les plus élevées de l'industrie pharmaceutique pour la mise au point de nouveaux médicaments. J'ai donc été agréablement surprise et j'ai fait le grand saut. C'est mon travail de créer une plateforme de discussion avec les scientifiques, les médecins et les décideurs politiques pour partager plus de connaissances, pour engager un dialogue ouvert."
une image négative
La Belgique possède l'une des réglementations les plus strictes au monde en matière d'alternatives sans combustion. Les règles strictes qui s'appliquent aux cigarettes sont également appliquées à ces produits. "Il nous est donc très difficile de porter ces alternatives moins nocives à l'attention des fumeurs qui continuent à fumer malgré toutes les mesures dissuasives. Et ils ont besoin d'une explication. Cela vient renforcer une image négative que l'on peine à gommer, comme on le voit déjà en Belgique pour les cigarettes électroniques. Le grand public s'en méfie précisément parce qu'il ne peut pas obtenir d'explication, ou du moins pas assez."
Preuves scientifiques
"Cependant, les preuves scientifiques sont sans appel et montrent que ces produits constituent une meilleure alternative aux cigarettes. J'ai moi-même été creuser dans les études scientifiques et j'ai constaté que la base est très solide. Ces produits génèrent 90 à 95% de substances nocives et potentiellement dangereuses en moins que les cigarettes ordinaires - ce sont des chiffres qui comptent! À long terme, cela pourrait avoir des conséquences incroyablement positives pour notre santé publique, et donc aussi pour son financement. Toutes les études sont partagées sur demande. Tout peut également être trouvé en ligne (sur pmiscience.com et researchgate.net).
Et si vous ne faites pas confiance à ce que dit un fabricant de tabac, ce qu'on peut comprendre, lisez ce que des agences gouvernementales telles que la FDA (Food & Drug Administration, États-Unis), le RIVM (Institut national pour la santé publique et l'environnement, Pays-Bas) et la Public Health England ont à dire à ce sujet. Ce ne sont pas des instances subjectives après tout. Sur base des données scientifiques la FDA américaine nous a donc donné l'autorisation d'informer les consommateurs américains du fait que l'exposition aux substances nocives est fortement réduite quand un fumeur passe complètement à IQOS. Notre propre Conseil supérieur de la santé a rédigé un rapport sur les produits du tabac chauffés en 2020. Nous sommes d'accord sur la majorité de la partie scientifique de ce rapport. Malheureusement, les recommandations en matière de réglementation et de législation ne tiennent, à notre avis, pas du tout compte des conclusions scientifiques tirées dans la partie scientifique du rapport."
La réglementation devrait inciter les gens à passer de la cigarette à de meilleures alternatives s'ils n'arrêtent pas de fumer
Un débat sans scepticisme
"Nous voulons que la science soit la base de la réglementation. Et la réglementation devrait encourager les gens à passer du tabac à des alternatives moins nocives lorsqu'ils n'arrivent pas à arrêter. Et d'ailleurs, Philip Morris ne veut en aucun cas promouvoir ces produits auprès des non-fumeurs ou des jeunes. Elle s'en tient à son affirmation selon laquelle il vaut mieux ne pas fumer, ou vapoter. Mais si vous ne vous arrêtez pas, voici de meilleures alternatives.
En bref, ne vous mettez pas d'œillères face aux faits scientifiques. Même si PMI vend des cigarettes depuis des décennies - et de moins en moins, espérons-le - l'entreprise propose aujourd'hui une solution. Mon rêve est de réunir toutes les parties autour de la table et d'avoir un débat ouvert, sans préjugés. Et c'est surtout le scepticisme dogmatique à l'égard de cette industrie qui nous empêche d'avancer."