Igepa teste des livraisons de papier en provenance du Portugal par voie fluviale
Le transport de marchandises par shortsea et par barge permet de retirer 12 camions de la route

Igepa franchit une nouvelle étape importante pour rendre sa chaîne logistique plus durable. Le 8 juin, le distributeur de papier d'Aalter a fait transporter une cargaison de papier du fournisseur portugais The Navigator Company par shortsea jusqu'à Anvers, puis par barge jusqu'à Aalter. Cette livraison test consistait en 12 conteneurs de 40 pieds, représentant environ 300 tonnes de papier. À l'avenir, il sera possible de transporter jusqu'à 27 conteneurs par péniche.
"Un site logistique solide"
Jusqu'à présent, la livraison de ce papier s'effectuait généralement dans le port d'Anvers, après quoi des camions transportaient la cargaison jusqu'au site d'Igepa à Aalter. Avec cette nouvelle approche logistique, Igepa vise à remplacer plusieurs trajets en camion par le transport par voie d'eau.
"Chaque camion que nous pouvons retirer de la route est un bénéfice : pour la mobilité, pour le climat et pour notre chaîne d'approvisionnement", déclare Bram Lernout, PDG d'Igepa. "Aalter dispose d'un emplacement logistique solide, avec des parcs d'activités qui sont directement reliés au canal. Il y a aussi le Centre régional de transbordement (ROC) d'Aalter. Il conviendrait d'en tirer davantage parti. Ce projet montre que l'ancrage local et la logistique internationale peuvent parfaitement aller de pair."
Chaîne de béton du Portugal à Aalter
La cargaison a quitté le Portugal par shortsea avec WEC-Lines en direction du port d'Anvers, où les conteneurs sont arrivés au quai PSA 1742. Là, ils ont été transférés vers un service régulier de barges, pour ce transport assuré par Delcatrans (membre du groupe Gosselin), en direction de ROC Aalter. À Aalter, les conteneurs ont été déchargés à l'aide de la nouvelle grue portuaire mobile de ROC Aalter. Les conteneurs sont ensuite stockés temporairement sur le site, puis enlevés quotidiennement par Igepa. Les conteneurs vides sont ensuite repris par barge par Delcatrans pour être acheminés vers Anvers.
Cette approche fait de ROC Aalter un maillon important d'une chaîne d'approvisionnement plus durable et plus flexible. Les entreprises qui ne disposent pas de leur propre quai peuvent ainsi utiliser la voie d'eau.
Moins de kilomètres, moins d'émissions
L'impact du test est clairement mesurable. Alors que l'itinéraire classique d'Anvers à Aalter pour cette cargaison représente 1 920 kilomètres de route aller-retour, ce chiffre tombe à 72 kilomètres de route via le ROC Aalter. Cela signifie une réduction de 1.848 kilomètres de route, soit une réduction de 96,25%. En termes d'émissions de CO2, le gain est également significatif. Les émissions passent de 4,06 tonnes de CO2 avec la solution de transport routier conventionnelle à 2,01 tonnes de CO2 via le nouvel itinéraire multimodal. Cela représente une réduction de 50,34 %.
Outre les gains écologiques, l'approche présente également des avantages opérationnels. En dépendant moins du transport routier, Igepa réduit l'impact de la congestion dans et autour du port maritime d'Anvers et sur les routes flamandes. Dans le même temps, la chaîne d'approvisionnement devient plus robuste, plus prévisible et plus réactive face aux défis logistiques futurs.
En ligne avec l'ambition flamande de transfert modal
L'initiative de l'Igepa s'inscrit dans l'esprit du Plan d'action flamand pour la navigation intérieure, publié le 18 décembre 2025. Le transfert modal pour le transport de marchandises y est présenté comme un objectif politique flamand important. L'ambition est de transférer 30 % du transport de marchandises de la route vers les voies navigables et le rail d'ici 2030.
Le rôle des parcs d'activités liés à l'eau et des centres régionaux de transbordement fait également l'objet d'une attention particulière. Avec le déploiement de ROC Aalter, Igepa montre comment les entreprises peuvent prendre des mesures rapides et concrètes en faveur d'un transport de marchandises plus durable via l'infrastructure existante.
"Une analyse minutieuse de cette livraison test est effectuée avec toutes les parties concernées. Notre objectif est de créer les conditions nécessaires pour que les livraisons par voie fluviale puissent également être mises en place de manière structurelle lorsque cela est possible", conclut Bram Lernout. "En tant qu'entreprise, nous prenons nos responsabilités, mais nous montrons aussi qu'une logistique durable est économiquement et pratiquement réalisable."
