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Artikel - 29/11/2017

LES FABRICANTS PLAIDENT POUR MOINS DE MARQUES DE E-LIQUIDES

Les acteurs parlent de l'avenir de la e-cigarette

Il ressort d'une étude de Ernst & Young que le marché des e-cigarettes a doublé entre 2013 et 2016. Cette étude s'est déroulée dans sept pays importants: l'Allemagne, la France, l'Italie, la Pologne, la Russie, la Corée du Sud et le Royaume-Uni. C'est surtout en France et au Royaume-Uni que les marchés se sont les plus développés. Sur base de cette constatation, nous avons trouvé qu'il était grand temps d'écouter quelques-uns des acteurs sur leur vision de l'avenir du marché.

Les accises sur les E-liquides sont inevitables. Il faut juste encore attendre comment elles seront appliquees

LE MARCHE BELGE

Selon nos interlocuteurs, la Belgique va encore connaître une croissance jusque fin 2017 – début 2018, suivie d'une saturation. L'effet 'nouveauté' est presque terminé, et on s'attend à une stabilisation des achats des e-liquides et du hardware. Aujourd'hui, il y a en Belgique encore beaucoup de débutants, et il y a beaucoup d’arômes à tester, essayer et mixer. Une fois qu'un consommateur a trouvé son goût et sa marque, il ne changera plus et fera moins d'achats impulsifs. D'autres pays ont connu la même évolution.

Message négatif

Seule Ingrid De Coninck voit les choses de manière plus positive. Selon elle, il peut encore y avoir de la croissance si la e-cigarette n'est plus présentée de manière négative dans les médias et que l'ignorance est éliminée de ce monde. De nombreuses personnes pensent, en effet que la e-cigarette contient du goudron! Il reste donc encore de très nombreux fumeurs en Belgique à convaincre de faire le pas. Ce qui diminuera, c'est le nombre de marques, pense-t-elle. Actuellement, il y a une abondance d'arômes presque identiques. Il y a donc une concurrence énorme entre les marques et seules les plus fortes resteront.

La E-cigarette est un produit assez complexe. un mauvais conseil peut mener a une utilisation erronee et donc faire un client mecontent

LA CIGARETTE TRADITIONNELLE

Les acteurs ne croient pas à la disparition de la cigarette traditionnelle. Selon eux, il peut y avoir des ventes plus importantes pour le concept ‘heat not burn’. A cause des prix excessifs, ces ventes seront décevantes à long terme par rapport aux e-liquides plus abordables, pensent-ils. Les fabricants de tabac vont suivre, dès qu'il n'y aura plus de concurrence des autres. La cigarette traditionnelle va, selon eux, avoir difficile si on arrive à retirer de la tête l'idée que vapoter, c'est mauvais pour la santé, et même encore plus mauvais que de fumer.

DOUBLE FUMEURS

Moins de décrocheurs

Selon l'étude d'E&Y, l'augmentation des décrocheurs (les fumeurs doubles qui fument à nouveau exclusivement des cigarettes) a diminué. Jusqu'à l'année passée, de nombreux fumeurs doubles ont décroché après un certain temps parce qu'ils ne trouvaient pas leur arôme ou parce qu'on ne leur avait pas bien expliqué. En 2013, ce nombre était encore de 64% dans les sept pays, alors qu'en 2016, il n'était plus que de 43%. Les ex-fumeurs représentent aujourd'hui presque 44% de tous les consommateurs d'e-cigarettes dans les sept pays. En 2015, ce pourcentage n'était plus que de 29 %.

Produit de désintoxication

La Belgique est un peu en retard. Chez nous, il y a de plus en plus de gens qui utilisent la e-cigarette pour ne plus fumer. Dès que c'est réussi, ils réduisent rapidement leurs besoins en nicotine. Dès que ce besoin est réduit à zéro, deux groupes apparaissent. Le groupe qui continue à vapoter pour le comportement et l'arôme (sans nicotine) et le groupe qui arrête complètement. A côté de cela, vous avez encore le groupe qui aime la cigarette analogue et qui la trouve facile à utiliser. Ces vapoteurs n'ont généralement pas trouvé le goût exact et/ou l'appareil et ne considèrent pas le vapotage comme un remplacement complet. C'est le groupe le moins accessible et pour les acteurs du secteur, ils représentent aussi le plus grand défi. Comment peuvent-ils les ramener à la e-cigarette? Une mauvaise ou difficile expérience de vapotage donne rapidement une image négative qui ne pousse pas le consommateur à retenter l'expérience et à y consacrer de l'argent.

Les fumeurs sociaux

Les vapoteurs doubles ont en général entre 20 et 40 ans. Ce groupe utilise encore des cigarettes à l'occasion d'événements sociaux. C'est indéniablement parce que les e-liquides ne se trouvent pas encore là où ils devraient être. Beaucoup de gens retournent à leur paquet de cigarette car ils ne trouvent pas la même satisfaction en vapotant.

Des conseils insuffisants

Une autre raison qui fait que dans notre pays, les gens décrochent rapidement, ce sont les mauvais conseils. Il faut avoir une certaine connaissance pour vendre des e-liquides et des e-cigarettes. C'est un produit relativement complexe, et donc un mauvais ou pas de conseil mène nécessairement à une mauvaise utilisation et à un client mécontent. Il est donc important quand on passe au vapotage d'utiliser des e-liquides avec une teneur suffisante en nicotine et ensuite diminuer progressivement. Si on commence trop bas, beaucoup retourne vers le paquet de cigarettes. Même récit pour les appareils. Ils sont faciles à utiliser, mais sans explication, les utilisateurs ne savent pas quel wattage ils doivent utiliser, lorsqu'ils doivent changer leurs coils et même comment ils doivent allumer et éteindre l'e-cigarette. Allumer une cigarette est évidemment beaucoup plus facile.

De nombreux Belges associent le fait de vapoter à des 'chasseurs de nuages' qu'ils voient déambuler en rue avec leur tête littéralement dans les nuages

Disponibilité limitée

Une troisième raison est la disponibilité. Chaque magasin de journaux, de nuit et supermarché ont les principales marques de cigarettes. Il faut par contre souvent rechercher un magasin qui vend ses marques préférées de e-liquides ou en général des magasins où le rayon cigarettes est complété avec des e-liquides. S'il vous en manque, vous ne les trouverez pas partout et encore moins le soir. Dans ce cas, les consommateurs achètent généralement un paquet de cigarettes pour répondre à leur besoin en nicotine.

Les chasseurs de nuages

La dernière raison est la même pour laquelle beaucoup de gens ont commencé à fumer: pression du groupe et image. Beaucoup de Belges associent le vapotage aux cloud chasers qu'ils voient littéralement déambuler en rue avec leur tête dans les nuages, pour attirer l'attention. Mais ce n'est pas le cas. Certes, certains en font leur hobby de réaliser les plus grands nuages possibles, mais ce n'est pas un standard.

Possibilités pour les marchands de journaux

Bas Ravelli ajoute que selon lui, les marchands de journaux ne se sentent pas complètement concernés par les e-cigarettes et que de cette façon, ils laissent passer une belle source de revenus. La connaissance est encore trop limitée, tout comme l'offre. Il existe donc encore de très nombreuses possibilités.

LES ACCISES

Enfin, nos interlocuteurs sont d'avis que les accises sur les e-liquides sont, en Belgique également, inévitables. Comment cela va-t-il s'appliquer, par rapport au taux de nicotine, on ne le sait pas encore. Cela peut se faire de deux manières. Imposer différemment sur les niveaux de nicotine: on sera alors encouragé à aller plus rapidement vers un niveau de nicotine plus faible. Ou les niveaux de nicotine sont taxés de la même manière et le consommateur ne fera pas d'adaptation de son niveau.

Danger d'un circuit au noir

Les deux façons auront un grand impact sur la vente des e-liquides, parce qu'on continuera à vapoter mais on commandera les solutions avec nicotine en dehors de l'Europe. Il y aura un plus grand marché et des circuits au noir feront surface avec des fabricants clandestins. Et là, il y a risque d'accidents. Tous les acteurs estiment qu'il vaudrait mieux attendre la mise en place de contrôles des autorités. Les petites marques (plus chères) vont disparaître des rayons et, tout comme dans l'industrie du tabac, quelques grands fabricants resteront qui sont et resteront payables (même avec les accises).

Kiosk a discuté avec:

  • Joey Baart: Millers Juice (UEG);
  • Bas Ravelli: VCT;
  • Ingrid De Coninck: Distrivaping;
  • Tessa van der Leeuw: Smoke 4 Fun.